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Un Monde, Deux Frontières, Trois Espèces ...

 
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 En Terre hostile. [Unb'.]

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MessageSujet: En Terre hostile. [Unb'.]   Lun 16 Nov - 1:45

En Terre hostile.


  • Il n’est rien de plus étrange que de ce découvrir une nouvelle famille, une nouvelles patrie. Moi qui m’était toujours senti à part, étrangement étrangé à mon troupeau je venais de me découvrir un nouveau lieu où vivre prenait un sens nouveau pour moi. Ici, chevaux, loups et oiseaux cohabitaient sur des terres trois à quatre fois plus vaste que cette petite île qui m’avait vu naître. Ici, les loups et les équidés se livraient une féroce bataille depuis des années, une bataille qui ne reposait que sur la découverte d’un cheval mort, tué par des loups affamés.
    Je n’avais tout d’abord reffusé de me mêler à cette guerre qui dans un sens, n’était pas la mienne. Après tout, je n’étais qu’un inconnu venant d’ailleurs, un simple étalon perdu dans un monde trop vaste pour que je ne parvienne à établir mes repères en quelques jours. Et pourtant, à force d’observer et d’écouter j’avais fini par comettre un acte incroyable. De simple membre du troupeau des chevaux j’en étais devenu leur chef guerrier. Une place d’honneur certes mais également lourde de sens et de responsabilités. Une place, qui m’impliquait directement dans cette guerre et faisait de moi une cible de choix pour ces canidés dont je n’avais encore jamais vu la forme ni la couleur. Cependant, Kaleb, cet étalon rencontré au bord de l’océan m’avait peint avec précision leur apparance si bien que je ne serai pas démunit de toutes connaissances si je venais à les croiser. Ainsi, je connaissais leur force : l’attaque groupée, visualisait parfaitement cette gueule doté de crocs puissant au pouvoir dévastateur. Des ennemis de choix, carnivore contre herbivore, proie contre chasseur, nous n’étions pour eux qu’un bout de viande sur patte tout du moins, c’est ce qu’il me semblait auparavant. Je comprenais à présent que la haine dépassait de loin ce stade, qu’elle était encrée au plus profond du coeur de notre dominant et que c’était cette haine la fautive de toute cette guerre. La guerre, je ne l’avais aimé, je n’avais jamais aimé me battre et la vision du sang m’attristait plus qu’elle ne me plaisait. Et pourtant, pourtant j’étais devenu chef guerrier... Pourquoi ?
    Voilà des heures que cette question rebondissait dans mon esprit, des heures que je courais désespérément après une ébauche de réponse et enfin, j’en tenais une. J’étais un idiot voilà tout, un idiot d’ancien dominant aux pulsions protectrices encore profondément encrées en moi. Je sais pourquoi je m’étais engagé dans la guerre, parce que je désirais les protéger eux, ces êtres, ces autres équidés que je n’avais jamais rencontrés, ces autres animaux qui faisaient partie du troupeau, ces êtres à par entière, représentant de la même race, chevaux de toutes races uni dans le même combat. Je désirais les protéger voilà tout et ce, au péril de ma vie, cette vie que j’aimais tant, vie que je mettais entre paranthèse pour des êtres que je ne connaissais ni en blanc, ni en noir. C’était stupide, totalement illogique, dépourvu de tout bon sens et pourtant. Pourtant mon coeur me dictait d’agir ainsi et je ne pouvais empêcher ce souffle de fierté emplir mon être, le faire rayonner de noblesse tant j’étais heureux de remplir ce rôle.

    «Tu es fou.»

    Ces mots s’envolèrent, emporté par le vent de cette fin de soirée et c’est avec peine que je sortais de cette état de transe dans laquelle je m’étais plongé. Dressant les oreilles j’observais pour la première fois les alentours et remarquais avec un semblant de panique que je me trouvais bien loin de mes terres. J’étais fou... Plus de doute à avoir sur ce sujet, songeais-je avec ironie tandis que mon regard d’un noir aussi profond que les enfers suivait la courbe sinueuse des arbres s’élevant vers les cieux. Cieux dont l’éclat doucereux du jour c’était vu recouvert par le voile noir d’une nuit nouvelle.
    J’avais marché une journée entière et ne m’étais pas rendu compte du chemain parcouru mais, comme si cela ne suffisait pas j’arrivais dans un lieu totalement inconnu et qui plus est de nuit.

    «Me voilà dans de beau draps...»

    Murmurais-je avec ironie alors que je poursuivais mon investigation des lieux. Je me trouvais à l’entrée même d’une sombre et imposante forêt avec à ma disposition deux choix différents, l’un était dès plus responsable, faire demi-tour et fuir cet endroit qui ne m’inspirait guère la confiance ou alors continuer, avancer au risque de me perdre dans l’obscurité de la forêt, découvrir mais ce au périple de ma vie. Je vous laisse découvrir mon choix...
    Sans l’ombre d’un doute je reprenais le pas et m’engageais dans la forêt me forçant un passage entre les ronces et les broussailles pour finalement emprunter un chemin accidenté et qui pourrait très rapidement savérer dangereux si je ne prenais guarde où je m’étais les sabots. Maudit soit mon esprit d’aventure...

    Le soleil rendit définitivement grâce au bout de quelques minutes de combat et la forêt dans laquelle je m’engoufrais inconsciement devint, au file des secondes de plus en plus sombre et menaçante. Bénissant mon exellente vue nocturne je gardais néanmoins mon sang froid bien trop habitué à ces situations étranges pour me laisser envahir par la peur néanmoins, il me fallait avouer que je n’étais pas à l’aise. Muscles tenduent à l’extrême et oreilles dansant en tout sens, je demeurais à l’affu de tous bruits, toutes odeurs témoignant d’une présence suspecte mais ce ne fut qu’un quart d’heure plus tard que je crus réellement perdre la raison.
    Le sol venait alors de disparaître sous une importante couche brumeuse et des grognements étranges ne cessaient de résonner depuis quelques temps autour de moi. Néanmoins, nul odeur n’accompagnait ces bruits qui s’éloignaient et parfois, se faisaient si proche qu’il me semblait sentir un souffle sur mon cou. Réalité était qu’une présence s’amusait à me jouer des tours et je sursautais même lorsqu’un rire qui n’avait rien de sympathique résonna dans mon dos. Je me retournais alors aussi vivement que m’en permettait l’étroitesse du chemin et dardait avec méfiance les alentours. Rien, il n’y avait absolument rien et pourtant je sentais une présence comme si un être fut à mes côtés. Le rire résonna encore une fois puis il s’estompa pour être remplacée par une odeur bien réelle cette fois-ci. Une odeur forte que j’avais déjà sentit dans cette forêt signe d’un passage lointaine cependant, je n’avais su la reconaître car cette éfluve m’était aussi étrangère que celle d’un oiseau.
    Cherchant autour de moi je finis par discerner deux pupilles ôcres flottant comme par magie dans l’air.
    Un loup, je me trouvais sur les territoires des loups et je devenais alors une proie et une cible de choix.
    Sans doute aurais-je du mourir de frousse, rebrousser chemin et fuir aussi vite que me le permettait mes pattes néanmoins, je ne fis rien de cela. J’étais chef guerrier, doté d’une force, d’un courage et d’une confiance en moi même bien supérieur à la moyenne, en aucun cas je ne me laisserais impressioner.
    Devenu aussi immobile et impassible qu’une statue de pierre je fixais avec intensité l’animal qui avançait à présent en ma direction, défiant sans crainte son regard, calculant déjà la manière dont je pourrais attaquer avec le plus d’éficacité possible.
    Et, avant que la bête ne m’aparaisse entièrement une pensée me traversa l’esprit : surtout, ne pas le laisser m’isoler contre un arbre, toujours posséder une porte de sortie, alors seulement je pourrais espérer m’en sortir vivant...

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Unbreakable
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MessageSujet: Re: En Terre hostile. [Unb'.]   Mar 17 Nov - 1:38

« L'ombre des fantômes cache la vision de la réalité »
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[ J'espère que ça te plaira ]

    Jour après jour, on construit sa vie. On façonne ce qu'on devient, ce qu'on laisse paraître à autrui. Chaque jour on apprend et on reproduit quand le moment s'y prête. On guide ses pas pour mener sa vie là où on le veut. Puis peu à peu, les efforts payent. Plus le temps passe, plus on réussit. La jeunesse n'enlève pas toujours l'expérience, la puissance, la sagesse, le loyauté, tout ce qui peut faire de vous un « grand » dans ce monde de lois. Et puis un jour le plus grand s'élève plus haut que les autres, il atteint son but. Il a survécu et a gagné sur ces terres de lois où la plus grande des lois règne: « Tue ou fais-toi tuer. ». C'est ainsi que vivent – malheureusement, je crois - deux peuples de cette île. Au milieu des escarmouches, du sang versé de compagnons, des morts pour l'honneur. Pour la fierté d'une meute, pour la plus grande fierté d'un seul. Chez nous le dominant est Roi. Pourvoir. Obéissance. Allégeance. Chez nous, je suis Roi.

    Je n'ai pas pris la place d'Alpha pour son simple pouvoir. Je n'ai pas décidé de les diriger par égoïsme et avidité. Si je suis ici aujourd'hui, c'est que depuis que je suis né, le sang d'un « grand » coule dans mes veines. Ne vous méprenez pas, mon rang n'est pas une place héréditaire, non. Mais j'ai bel & bien ça dans le sang : le pouvoir. Celui qui fait trembler les faibles, qui fait douter les courageux, qui fait fuir les idiots. Celui auquel les loyaux ne résistent pas, le pouvoir d'un chant qui guide leur pas. J'ai cette aura autour de moi qui jusqu'à ma mort brillera. Tant que je le pourrais, je l'étendrais sur les miens pour les protéger et les guider. Si un jour le pouvoir ne m'appartient plus, c'est que je serais mort. Rien d'autre ne m'y détachera. Même avec trois pattes dans la tombe, je les guiderais toujours. Jamais je ne les abandonnerais. Ma meute. Ma patrie. Ma famille.

    Je me complais à penser à tous les privilèges que m'accorde mon grade. J'aime à croire à toutes les responsabilités que m'offre mon rang. Et si je suis dans cette forêt aujourd'hui, c'est pour venir parler aux esprits. Ceux de l'ancien temps. Ceux qui avant guider - comme moi aujourd'hui - une meute unie & puissante. Dans cette partie de la forêt qui trône sur mes terres, les esprits des loups morts se rejoignent et parfois, entonnent un doux - seulement pour nous - chant pour nous autres vivants. Mythe, certains diront. Moi je vous dirais que c'est vrai. Chaque fois que j'en ai eu besoin, mes ancêtres m'ont aidé. Quand mon hurlement perce l'hostilité qui règne ici, le vent me ramène la réponse des fantômes. Il suffit d'écouter.

    Mais aujourd'hui, ils ne chantent pas à mon égard. Tandis que mes pas silencieux effleurent le sol dans une marche régulière, mes oreilles attentives aux moindres sons ne captent que grognements, grondements, jappements, rires sadiques ou machiavéliques. Les esprits de nos ancêtres sont en colère, cela veut dire quelqu'un d'indésirable est ici. Sur mes terres. Alors un sourire s'étire sur mes babines - un sourire de loup bien sûr – qui dévoile mes dangereux crocs. Un sourire sadique. Oh non mon bon ami, tu n'aurais jamais dû rentrer ici. Avant que ce ne soit moi qui joue avec toi, les esprits vont se rire de toi. Tu vas aimer cet endroit où l'obscurité totale se fait, où le brouillard brouille ta vue. Tu vas adorer cette nuit où l'ombre du démon apparaîtra...

    C'est de ce pas toujours lent que je me dirige vers toi. C'est mon instinct de chasseur qui me guide, vers ma proie. Pas besoin de me presser: « Tout vient à qui sait attendre. ». Je préfère sourire narquoisement en entendant les esprits se jouer de toi. Ces grognements qui te font perdre la raison, ce rire sadique qui t'arrache un sursaut. C'est à devenir fou en quelques minutes. Tant ont déjà perdu la raison & ont quitté ce monde dans cette lugubre au forêt. Qu'adviendra-t-il de toi, être inférieur que tu es ? Aujourd'hui, c'est moi qui en déciderait. Quand j'y pense, je me demande ce qui t'a inculquer de pénétrer ici, étalon. Quelles sont les raisons - idiotes sûrement - qui t'ont poussé à visiter ces lieux, pourtant si morbide & dangereux aux tiens. Ton odeur emplie mes narines et me fait saliver. Si je n'avais aucune amabilité envers mes hôtes, je te boufferais sur le chant. Mais je crois qu'en bon Chef que je suis, je vais plutôt t'inviter à dîner.

    Les yeux se fermant, un rire sadique s'échappe de ma gorge, racle contre mon palais pour s'évanouir dans l'air et donner à l'ambiance un air encore un peu plus sordide. À pas feutrés j'avance vers toi, silencieux, sûr de moi. Mes yeux jaunes reflètent le feu qui coule dans mes veines, la puissance qui brûle en moi. Mon pelage sombre doit se fondre dans l'obscurité alors que mes crocs dévoilés, encore un peu couvert du sang de ma dernière victime, se démarquent plus facilement. Je ne suis plus qu'à quelques pas de toi, prêt à tuer au premier faux-pas. Déjà je sens mes muscles qui se tendent sous ma peau, qui vibrent d'excitation. Mon cœur semble au ralentit comme à l'attente alors que mon flux sanguin s'est accéléré: je suis prêt.

    « Bonsoir, mon cher ami. »

    Le timbre de ma voix résonne comme celle d'un démon. Faussement aimable et aussi grave que si elle venait des profondeurs de la terre, du repaire de Satan. On peut y retrouver cette pointe de noblesse qui m'est habituelle. Cette noblesse qui fait - en majorité - que je ne suis pas un tueur. Seulement l'ombre de Satan... & je veux que ta race me respecte.

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MessageSujet: Re: En Terre hostile. [Unb'.]   Lun 23 Nov - 22:01

  • Sombre songe de croire être enfin revenu à la vie pour de nouveau affronter la mort. Durant ces heures, ces jours de marche à courir après un destin nouveau, je m'étais laissé croire que je pourrais retrouver ma vie, ma véritable vie, là-bas. Vers cette terre inconnue séparée par un océan voluptueux à la tranquillité menaçante. Vers cette terre peuplée d'êtres différents de moi. Loups, oiseaux, chevaux...
    En l'espace de quelques jours je m'étais vu devenir quelqu'un d'autre, un cheval libre, vivant pour lui et pour lui seul mais je réalisais aujourd'hui combien je m'étais voilé la face. Je ne pouvais vivre que pour moi et je m'étais ainsi retrouvé mêlé à cette guerre, à cette haine poison et promesse de mort en devenant chef guerrier. Acte irréfléchi et oh combien idiot ! Si loin de mes attentes et de mes espérances. Mais me voilà ici et c'est avec froideur que je contemplais la mort en face, la laissant venir à moi lentement, la laissant m'observer, m'étudier pour finalement la laisser se déverser en moi, m'étreignais de ses bras à la sombre passion, déversant en moi chaque goutte de son poison ténébreux dont il n'existait hélas, aucun antidote. J'avoue être surpris, jamais je n'aurais songé pouvoir ressentir la mort aussi puissamment et je me sentais presque désarmé devant sa splendeur.
    Ainsi, mes grands yeux de velours noirs contemplaient la magnificence des lieux, suivant la courbe sensuelle des arbres s'élevant lentement vers les cieux. Les cieux, ils étaient bien noirs ce soir là et de nombreux nuages devaient l'avoir prit en otage car la lune, déesse de toute nuit ne laissait qu'entrevoir un faible halos argentée. Un soupir brisa un instant le silence, soupir qui trouva réponse dans des murmures torturés et des rires macabres qui depuis plus d'une heure déjà avait accompagné ma course. Intrigué de nouveau mais bien décidé à ne pas me laisser envahir par la peur de la mort je dressais mes oreilles à l'écoute de ces sons étranges, de ces grognements sonores et de ces rires machiavéliques. Les fantômes demeuraient cependant incompréhensibles et je fini par comprendre que leur seul et unique but était de m'effrayer, de me rendre fou afin de me tuer plus facilement. Mon cœur s'accéléra à cette pensée et un frisson secoua mon corps élancé déjà tendu comme un arc.
    Fermant les yeux, je restais à l'écoute des murmures de l'ombre tout en faisant le vide dans mon esprit. Cet endroit transpirait l'horreur et la peur néanmoins je ne devais en aucun cas me laisser submerger. J'étais un ancien dominant, passé maître dans l'art de contrôler mes émotions, je devais faire honneur à ma race, à mon ancienne position mais également à ma nouvelle. Ne pas avoir peur, affronter les murmures et les ombres sans les craindre. Un fantôme ne frappe pas, il fait qu'influer la peur nécessaire en vous pour permettre aux loups de déterminer le travail. Or il en était hors de question. Cela ne marchait pas avec moi et j'étais à présent prêt à affronter peut-être, ma futur mort...

    Le silence se fit et c'est avec étonnement que je remarquais la disparition de ces chants terrifiants et de ces grognements haineux. Un instant je crus pouvoir fuir ce lieu maudit sans croiser nul ennemi cependant, le vent m'apporta très vite une autre réponse. Je n'étais plus seul ici et une odeur forte et inconnu caressait à présent mes naseaux me tirant un rictus de dégoût. Les oreilles immobiles, je demeurais figé pareil à une statue de glace, magnifique à contemplé, inaccessible et dégageant à la fois une force étrange, attractive et, paradoxalement, repoussante. Mon masque d'impassibilité était en place, de chef guerrier je devenais ombre et très vite, mon regard se fit de glace, devenant aussi profond que l'abysse des enfers, aussi noir que l'étais le ciel, inexpressif, vide comme mort.
    C'est alors que je distinguais une forme. Un être s'approchait de moi cependant, le traître était munie d'une cape noire le rendant pratiquement invisible à ma vu. Je laissais alors parler la terre et le vent, humant de nouveau son odeur pour finalement entendre son pas furtif se rapprocher. Un pas de félin, élastique et meurtrier, rapide et agile, sur de lui et puissant : un dominant.
    L'incroyable vérité s'imposa alors à moi. Ce n'était non pas un ennemi banale, un de ces guerriers ou de ces loups sans expérience que je rencontrais mais bien le dominant. Un être puissant prêt à tout pour défendre sa meute, un être qui serait sans doute ravit de planter ses crocs assassins dans ma gorge.
    Un sourire tranquille s'afficha sur mon visage dénué d'expression à cette songerie et je sentit que mon cœur accélérait le rythme, battant si vite que je crus qu'il allait perforer ma peau pour venir percuter de plein fouet l'inconnu qui venait à moi. Non, détrompez-vous cela n'était point de la peur mais bien le signe distinctif et apaisant d'une excitation incroyable. Et en effet, je sentis une vague d'adrénaline envahir tout mon être qui trembla sous la puissance de cette révélation. Mes muscles se tendirent alors et mon sourire presque joyeux disparu petit à petit tandis que mon regard tentait de suivre les courbes flous du corps de mon futur assaillant. Oui, j'allais me battre mais non, je ne perdrais pas la vie. Certes, ce loup avait l'expérience du combat en corps à corps contre un cheval, certes il avait éliminé l'ancien dominant des chevaux néanmoins je demeurais confiant. Je connaissais ma force et cette adrénaline nouvelle qui déversait en moi toute sa puissance et sa douce chaleur ne faisait que me rassurer et me conforter dans mon idée que ma mort ne se ferait point maintenant.
    L'animal pourrait bien rire et me provoquer, les esprits pourraient bien se déchainer jamais, jamais je ne lâcherais, car j'étais un entêté et un passionné et qu'il me faudrait bien plus d'un loup enragé et de dizaines de murmures fantomatiques pour me faire perdre l'esprit.
    Un courant d'air chaud s'éleva à cet instant, passant sans ma longue crinière noire tout en m'arrachant un sourire. Je fermais alors un instant les yeux et pendant deux secondes je me vis galoper dans une longue plaine, faisant la course avec le vent et l'aigle sans autre soucis que mon propre bonheur. Cela me manquait-il ? Non, simplement il me semblait à cet instant important que ce souvenir m'accompagne dans ma bataille. J'y puisait alors tout mon courage et ma force avant que mes paupières ne se soulèvent doucement, découvrant un regard vide et inexpressif, calme et paisible, tranquille et habité d'une noblesse et d'une sagesse incroyable pour un étalon de mon âge.
    Un rire torve résonna soudain jusqu'à mes oreilles immobiles et je sus enfin que mon ennemi était là. Il m'avait vu depuis longtemps, m'avait senti, m'avait épié néanmoins il ne c'était en rien pressé de me rejoindre. Guidé par la certitude du chasseur guettant sa proie, pensant sans doute qu'il pourrait jouer avec moi sans rencontrer grande résistance. Croyait-il vraiment que je serais encore en vie si j'étais un faible d'esprit où un peureux ? J'eus envie de rire moi aussi néanmoins, je me contins conscient que les apparences trompeuses sauvaient parfois aussi, conservais-je avec perfection mon masque de froideur. Avais-je peur ? Doutais-je seulement ? Impossible à savoir car, comme ce dominant qui se cachait derrière son masque de confiance je demeurais camouflé derrière mon impassibilité. Présent, à porté de patte et pourtant, inaccessible. N'étais-ce pas des plus rageant ?

    L'animal était enfin là, devant moi et je pouvais à présent décerner la lueur incroyable de ses yeux. Un instant je demeurais subjugué par cette lueur et je laissais mon regard, d'un noir exquis et velouté se perdre dans les méandres de ses prunelles. Lueur incandescente pareille aux flammes de l'enfer, ce loup était mon opposé. Lui était le feu et moi la glace et durant trois longues secondes une bataille entre les flammes dévastatrices et la tranquillité ravageuse de l'océan se déroula. Toujours immobile je ne disais rien, gardant précieusement ma salive pour plus tard, cherchant dans le regard de mon ennemi toutes les informations dont j'aurais besoin. Ainsi je vis passion, noblesse et grandeur mais également haine et sadisme. Haine envers moi, envers ma race néanmoins, pouvais-je véritablement lui en vouloir ? Certes des loups avaient tuer des chevaux néanmoins ces derniers avaient sans doute agi de la même manière. Par vengeance, par bêtise peut-être aussi eus-je la clarté d'esprit de ne pas lui en vouloir de me haïr. Il était en son droit contrairement à moi. Je n'avais rien à faire ici, j'étais son ennemi et qui plus est, la place que j'avais dans mon troupeau n'arrangeait en rien les choses. Il était clair donc, que je n'avais aucune carte en ma faveur et sans doute aurait-il été plus sage de faire tête basse et d'espérer que le dominant serait dans un bon jour. Or, avais-je réellement envie d'être sage ?

    Je sortais lentement de mes réflexions et arrachais mon regard à celui du dominant pour le laisser glisser le long de son corps massif. Certes, le noir le camouflait à ma vision néanmoins je parvenais à discerner nettement les contours de sa silhouette. L'animal était haut sur patte, racé et sa démarche, sa position et l'intensité de son regard dégageait tant de force et de prestance que je ne pus que ressentir un certain respect pour lui. Il était le parfait dominant, le meneur dans tout sa splendeur sans l'ombre d'un doute et ses sentiments étaient si bien contrôlés qu'il ne devait que rarement se laisser déborder par ses pulsions. Le dominant parfait bien qu'il était trop aisé de lire en lui. Cependant, peut-être me trompais-je je savais combien jouer sur les apparences était utile aussi demeurais-je sur mes gardes, restant tendu comme un arc, observant le moindre de ces gestes sans pour autant vendre ce que je ressentais. Pareil à l'océan je restais calme et impassible mais pourrait sans problème me déchaîné, faisant preuve d'une violence et d'une rage inouïe si un combat devait éclater.

    Soudain, sa voix surgit et je mis un instant avant de comprendre que c'est lui qui venait de parler me découvrant ainsi ses crocs luisant, d'une nuance incroyable comparé à son pelage de suie.
    Une voix sombre et à l'ironie mordante. Les tonalités demeuraient glaciales et profondes cependant, je gardais mon calme et aucune partie de mon corps ne trembla à l'annonce de sa phrase. Silencieux je plongeais de nouveau mon regard dans le sien, défiant le feu de ses yeux sans peur tout en gardant ce respect étrange et déstabilisant. Il était mon ennemi, il me haïssait mais il était dominant je lui devait le respect telle était les règles de la hiérarchie, mes règles, mes valeurs, en aucun cas je ne les aurait faussés.

    «Pas de faut semblant entre nous je vous pris.»

    Répondis-je par automatisme, utilisant sans honte le vouvoiement qui, chez moi était une marque de politesse mais également de respect. Je ne désirais point rentrer dans son jeu aussi ma phrase, prononcé avec froideur marquait clairement mon point de vu. Je n'avais rien de sadisme, aucune haine fortuite ne m'habitait et je détestais jouer avec les autres. Si un combat s'engageait très bien, j'étais prêt mais en aucun cas je n'accepterais de jouer ainsi avec lui. Je n'étais pas idiot ni né de la dernière pluie et je savais qu'un loup de sa trempe se jèterai à mon cou dès qu'il serait lassé de son jeu. J'étais la proie, il était le chasseur mais prenez garde que les rôles ne s'inverse dans ce cas le jeu deviendrait bien vite dangereux pour celui qui croyait avoir toutes les cartes en pattes.

    Le silence retomba brutalement entre nous néanmoins, je ne m'en trouvais en rien gêné. Gardant cette immobilité incroyable et le regard impassible mais habité d'une douceur désarmante qui insistait presque à la confiance j'attendis paisiblement la suite des évènements tout en demeurant prêt à agir en cas de danger. Paisible mais pas fou, sage avant tout.

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MessageSujet: Re: En Terre hostile. [Unb'.]   Mar 24 Nov - 13:01

    Le silence ce fût en un instant, comme si les esprits désiraient me laisser seul avec lui, comme s'ils voulaient que ce combat d'étalon à loup soit une joute d'égal à égal. L'atmosphère changea sans même se modifier. Étrange, non ? Elle devint plus tendue encore. L'électricité des corps se rependait à travers le brouillard. La tension des deux mâles s'entrechoquait, bataillait, faiblissait, recommençait. Invisible. Comme deux hommes qui ne connaissent pas la fatigue, comme un combat sans fin. Comme le début d'un combat bien réel & visible qui semblait débuter entre les deux êtres. Tous les combats ne sont pas de crocs & de sabots. Il y a les combats morales. Les combats verbales. Oui bien juste le combat des regards.
    Mais l'atmosphère ne se modifia pas, elle resta aussi sinistre qu'avant. Aussi morbide que le jour de la mort de Flash Back. Terrifiante pour les peureux. Invivable pour les simples d'esprits. Une atmosphère dans laquelle on ne s'étonnerait pas de voir arriver la Faucheuse. Et moi j'apparais telle l'ombre même de la mort, telle la faux de la Faucheuse. Je sors de l'ombre du brouillard avec tout autour de moi cette aura de puissance. Elle ne se voit pas, mais tu peux la ressentir. Le respecter. En avoir peur. Mais jamais tu ne la déchirera. Jamais elle ne faiblira. Non, tu n'es pas face à un de mes simples guerriers. Tu n'as pas de chance mon bon ami: tu es face au pire de tous. Crois-moi.

    Tu affiches un sourire qui m'est familier. Oh tu crois en toi, je le vois. C'est comme si je voyais mon propre sourire à la surface d'un lac. J'entends ton sang battre dans tes veines et poussait ton coeur à son plus haut rythme. L'excitation t'anime. Cette sensation que tu commences à avoir en me sentant, la chimie qui agit en toi grâce à l'adrénaline qui se déverse. Et tu es là, immobile comme une statue de roche. Tu sens que j'arrive, ressens chaque vibration du sol sous mes pas. Tu as douté durant quelques instants, tu as hésité. Tu as pris peur durant les secondes où ta vie a défilé. Puis tu es redevenu aussi inaccessible qu'est le ciel pour nous autres à quatre pattes. Tu t'es refermé pour alors garder cette immobilité, cette fermeté que tu dois toujours afficher, je crois. Chaque respiration qui gonfle tes poumons est une minute de plus de vie à tes yeux, et cette vie tu veux la garder aussi longtemps que possible. Tout cela, je le vois, je le sens. Il émane de toi un sensation d'attraction mais si repoussante à mon goût. Ton odeur même me répugne. Et ta venue ici m'excède au plus haut point. Tu as pénétré dans l'antre même des esprits de ma race, là où vivent ma famille & mes meilleurs conseillers. Là où vivent les esprit de ceux qui sont morts pour l'honneur et de ceux qui ont perdu la vie sous les sabots des tiens. Sacrilège. Le sais-tu ? Oh non, tu ne sais rien, mon jeune ami. Tu ne sais rien des terres de cette île, encore moins des miennes. Tu respires un autre air que le mien. Étalon, tu es un étranger, sinon tu ne serais jamais venu ici & face à moi, tu ne te tiendrais pas comme cela. Aussi droit que des chênes jumeaux, aussi immobile qu'un lac sans vent.
    Ta robe plus claire que la mienne permet à tes courbes de mieux se dessiner à travers cette brume épaisse qui couvre la forêt de sa protection. Tu as la taille moyenne des étalon que j'ai pu rencontrer, des membres forts. Élancé mais des muscles saillent sous ta peau. Tout en toi porte la jeunesse mais la sagesse de celui qui a déjà vécu quelques années bien remplies. Ton corps respire la finesse & la force, ta tenue le sang-froid & la folie. Car tu dois être fou pour m'affronter ainsi du regard.

    Maintenant que je me suis avancé et que ton regard peut se porter sur mon corps caché par un pelage de jais par cette nuit noire, tu as posé tes yeux dans les miens. Que cherches-tu en scrutant de tes yeux veloutés mon regard d'or ? C'est le dragon de l'enfer qui brûle en moi. Alors que la glace cache l'entrée même de ton regard, impassible, indéchiffrable. Tu veux lire en moi comme dans un livre ouvert, tu trouves sûrement cela bien trop simple. Tu y trouveras seulement ce que tu dois savoir. Je garde un parfait contrôle de moi, sache-le, et mes yeux n'expriment que ce que je souhaite. Surtout face à toi. Je ne perdrais pas, quelconque bataille que ce soit. Je devine que tu n'es pas un simple étalon parmi tant d'autres au sein du troupeau qui t'accueille, car en toi il y a quelques choses de plus: la sagesse & le sang-froid. Et c'est avec seulement quelques ingrédients à bonne dose qu'on fait un bon meneur. Je peux voir que cette recette tu l'as apprise au cours de tes quelques années de vie sur les terres qui t'accueillaient avant. Terres dont l'odeur m'est d'ailleurs inconnue, mais je n'ai pas le science infuse. Je ne l'ai même jamais souhaité ou prétendu. Tu quittes enfin mon regard, étalon, dont les paupières n'ont pas ciller une seule fois. Donc les cils n'ont pas eu de mouvement un seul instant. Tu ne sais pas à quoi tu t'attaques, mais tu l'apprendras.

    La voix de l'étalon s'éleva dans l'air, respectueuse & froide. Je ne m'étonna pas de l'entendre me vouvoyez, cela me parût étonnement logique vu la prestance de l'étalon, qui, il faut l'avouer, était des plus agréables. En effet, je préférais avoir face à moi un ennemi coriace duquel je pouvais encaisser des blessures plutôt qu'une poule mouillée qui baissait les yeux et m'implorait de ne pas le tuer. Cet étalon était bien plus intéressant quand l'un de ses chevaux sans cervelles qui paniquent dès qu'ils vous voient à l'horizon, majestueux. Avec un cheval comme lui, ce n'est pas l'aura pure que vous projetez qui peut l'intimider, il faut bien plus que cela. Et c'est seulement là que le jeu devient intéressant. Il bien plus agréable d'abattre - pas obligatoirement au sens littéral - un cheval de cette trempe. Et c'est avec ce genre d'animal qu'il faut se méfier, car on est jamais sûr de gagner. Ne jamais croire les apparences, n'accorder aucune confiance, être toujours prêt à réagir aux moindres mouvements. Être aux aguets. Les sens bien aiguisés. Les muscles bandaient.

    « Pardonnez-moi, repas sur pattes, je ne voulais pas vous déplaire. »

    Une fois de plus, ma voix perçait les ténèbres des environs comme venue de loin. Elle semblait venir de tous côtés et se propageait à travers toute la forêt, comme une onde dévastatrice qui fait trembler les arbres à son approche. Moi aussi je me suis immobilisé à quelques pas de toi. Tout comme moi, tu es à quelques pas, mais intouchable. Pour l'instant. Tu crois que je suis le tueur. L'assassin même qui fond sur sa proie dès que l'occasion se présente. Il est vrai que le bon mouvement au bond moment suffirait à te mettre au tapis et à te vider de ton sang qui colorerait alors l'herbe d'une belle couleur écarlate. Mais je n'ai pas l'intention de te tuer, cher ami. Je ne voudrais pas tâcher du sang d'un de ta foutue race le sol de ce lieu si sacré pour moi. Rassure-toi, il n'est pas encore venu pour toi le temps de mourir.

    Tu paraît si paisible que se perdrait à croire que tu n'es qu'un gentil petit cheval. Mais moi qui suit Roi des doubles facettes & des masques en tout genre, je sais Ô combien il est dangereux de se fier aux apparences. « L'habit ne fait pas le guérisseur, dit-on chez nous », ils ont totalement raison. Et toi qui est maître de toi-même à cet instant, je finirais bien par te briser. Je ne veux que m'amuser un peu. Je me demande toujours si tu es trop idiot ou bien trop téméraire, pour avoir pénétrer ici ? As-tu vraiment cru que c'était un endroit que tu voulais abîmer de tes sabots ? Il va falloir que je t'apprenne les bonnes manières. Et qu'ici, c'est chez moi. Ton masque impassible ne va pas me déstabiliser, je ne vais pas me laisser avoir. Il faut juste que je réfléchisse, que je trouve la faille, que j'y pénètre... que je te brise. Laisse-moi faire étalon, tu vas adorer sentir la mort t'entourer, t'étouffer. Tu vas aimer sentir le souffle de la Faucheuse à ta jugulaire et le murmure de Satan à ton oreille. Je veux te montrer qu'il n'y a pas que la vie dans ce monde. Je veux juste t'apprendre un peu plus.

    Le temps semble arrêter dans ce lieu sordide. Comme si la Terre même avait arrêté de tourner, il semble que cette nuit ne prendra jamais fin. Que la torture même attend patiemment dans ce lieu son heure pour alors corriger avec supplice sans plus jamais de retenue, indéfiniment. Mes pensées sont bien noires ce soir. Je crois que je suis un tant soit peu énervé. Je lève une patte puis l'autre. Pose une patte puis l'autre. Mes mouvements semblent au ralenti. Je m'avance vers ton flanc, sans te lâcher du regard. Ma respiration s'est un peu calmée bien que mon coeur soit lui aussi secoué par l'adrénaline du moment. Mon regard se porte alors un point invisible dans la forêt & je souris. Souris d'une chose que tu ne peux pas voir, ni même entendre. Tu ne peux pas savoir. Les secondes défilent si lentement... Et puis je vais arriver bientôt d'arrière toi. Comme le chasseur qui prend sa proie par la ruse. Alors, comment vas-tu réagir ? Je veux savoir. Voir. Jouer.

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MessageSujet: Re: En Terre hostile. [Unb'.]   Mar 24 Nov - 18:28

  • Ainsi je faisais face à ma propre mort. Tout du moins, voilà ce que mon cher ennemi semblait penser et je voyais dans son regard enflammé cette certitude incandescente que bientôt, je ne serais plus de ce monde. Oh oui, cet animal n'avait rien de commun avec les autres. Tout chez lui se trouvait différent. Cette force, cette effluve puissante et viril, ce corps de danseur, si léger et pourtant dotés de muscles puissants que je discernais sans mal rouler sous ton pelage nuit. Il était un dominant, un meneur, le leader de toute une génération de loups et de louves et je sentais vivre en lui cette force incroyable propre à chaque dominant. Il croyait en lui et ses yeux ne délivraient que ce qu'il désirait. Maître de ses émotions et de son corps, maître et de la vie et de la mort, sans doute pensait-il pouvoir jouer avec moi comme enfant joue avec un morceau de viande. Erreur.
    J'avais douté, j'avais eu peur et je voyais sans mal que chacune de mes réactions avaient été analysée par son regard ambré. Rien ne lui échappait et chaque courbe de mon corps musculeux se voyait caresser par ses pupilles incandescentes. Nous étions deux ennemis face à face et voilà qu'un combat silencieux mais oh combien violent avait lieu entre nous. Perdu dans le silence, immobile et observateur nous demeurâmes de longues secondes ainsi, moi encré dans le sol à attendre paisiblement et lui, à m'observer, à bouillir follement et à chercher réponses à ma présence ici.
    Sans doute me croyait-il fou, complètement inconscient et sans doute avait-il en partie raison. Néanmoins, je ne désirais en rien justifier ma présence ici et je me contentais de laisser un sourire étendre mes lèvres. Un sourire fourbe, entre amusement et mystère, voilà que je me prenais au jeu, voilà que je désirais m'amuser et à mon tour le rendre fou. Étrange que de se sentir changer à se point. Moi qui pensais être un cheval sans apriori et hermétique aux sentiments des autres voilà que ce loup déteignant lentement sur moi. Intrigué, je l'observais avec plus de curiosité encore et je ne pus empêcher un nouveau sourire de s'ébattre tranquillement sur mes lèvres lorsque je sentis sa haine et son envie irrésistible de me terrasser. Je venais salir ses terres, les souiller de ma présence, j'emplissais l'air de mon odeur et je comprenais sans peine que ma présence se faisait ressentir comme étant un sacrilège. Il voulait me le faire payer et quel meilleur moyen pour cela que de planter ses crocs dans ma jugulaire ? Oh non, pas ici, pas maintenant, mon sang risquerait de souiller ses terres et le dominant n'en avait clairement pas envie. Mais, alors, comment accéder à se besoin presque vital de me voir mourir ? Rien de plus aisé, il fallait briser mes défenses, parvenir à trouver la fissure de mon âme qui lui permettrait de me briser, de me tuer à petit feu, de me rendre fou pour finalement me détruire. Un jeu dangereux mais oh combien délectable lorsque nous étions le gagnant de la partie. Un jeu sadique, violent parfait pour les êtres rusés et malin. Je savais qu'il était ainsi. Aussi rusé qu'un renard disait-on dans mon monde. Mon monde... Ce cher dominant avait en partie compris que je ne venais pas d'ici. En effet, mon corps portait encore l'effluve de mes terres lointaines et ma robe était encore incrusté de l'odeur de la mer dévastatrice qui avait manqué par 10 fois de m'engloutir dans ses bras. Il comprenait que je n'étais pas d'ici et que je ne savais rien de son monde. Il n'avait pas totalement tord bien que Khaleb, cet étalon rencontré au bord de la plage m'en avait suffisamment expliqué pour que je puisse survivre ici. Il m'avait parlé de lui, du dominant des loups, de son caractère d'acier et de son regard de braise. Cependant, détrompe toi ami, je n'étais pas fou de soutenir ainsi ton regard bien au contraire. Tu demandais de l'estime et du respect ? Je t'en offrais et sans ironie car je voyais en toi toute la grandeur du dominant cependant, il m'était impossible de me comporter autrement quand ancien dominant. J'avais connu cette place, j'avais arboré ce regard fier et confiant. Et bien que tu sois un ennemi de taille, un guerrier sans pitié, un loup emplit de fierté et sans doute d'arrogance il était hors de question que je m'aplatisse devant toi. Tu avais raison, je n'étais pas comme ces autres chevaux, j'étais un guerrier, un chef, fier de sa place et aussi coriace que le tronc d'un arbre centenaire. Tu le lisais dans mon regard, tu le voyais dans ma posture, tu le sentais dans mon souffle, tu le devinais à la vision de mes muscles taillés pour la bataille qui se tendaient sans répit sous ma peau brune. Non dominant, je n'étais pas fou. J'étais un chef et vibrait en moi cette fierté et cette force qui vivait en toi. Tu étais dominant mais mon ennemi, je t'estimais à ta juste valeur mais certainement pas suffisamment pour que je baisse le regard devant toi. Crois-moi guerrier, tu voyais en moi un étalon différent certes, mais si je devais avoir peur de toi tu devais te méfier de moi. Car dominant que tu étais tu demeurais seul et si cette terre présentait beaucoup de désavantage pour un cheval je ne demeurais pas moins rusé et intelligent, prêt à tout pour défendre ma vie.

    Ma voix avait soudain brisé le silence. Froide et profonde elle demeurait néanmoins posée, sans ironie ni agressivité, d'une tranquillité alarmante et inquiétante. Sans doute ai-ce cela qui te faisait penser que j'étais fou. Ma tranquillité, mon impassibilité, mon masque de froideur, mon regard profond dans lequel il était si facile de se perdre et de se noyer. Mais que voulais-tu mon cher ennemi ? Que je me dévoile devant toi ? Que mes faiblesses deviennent tienne pour que tu puisses me détruire sans difficulté ? Sombre illusions que tu avais là, personne n'avait jamais réussi à me comprendre réellement, à me cerner totalement. J'étais comme le vent vois-tu, libre de mes actions je filais entre vos griffes quand vous croyez m'avoir enfin attrapé. Esprit de la liberté, aussi placide que la mer calme et parfois plus dévastateur qu'un océan déchaîné. Alors loup ? Que vois-tu dans mes yeux ? Crois-tu toujours pouvoir jouer avec moi ?

    Trois secondes de silence défilèrent avant que ta voix ne vienne te nouveau emplir les lieux. Elle résonna sans mal dans la forêt, se propageant à travers les lieux rendant l'atmosphère plus lugubre quelle ne l'était déjà. Mes yeux se plantèrent dans les tiens. Curieusement, ta réponse m'avait amusé et je ne pus empêcher un léger rire de sortir de ma gorge. La rivalité qui émanait de toi m'amusait et ta haine me divertissait. Je savais que cela n'allait pas te plaire, je savais également que tu me prendrais un peu plus pour un fou, un téméraire et c'est dans cette croyance que je puiserais ma force. Car c'est de la folie dont j'avais besoin à présent et je comprenais que c'était cette dernière qui me permettrait de survivre, de tenir dans ce lieu maudit et d'accepter la mort non pas comme une ennemie mais comme une alliée. Vois-tu mon tendre ennemi, la vie et la mort sont indissociable l'une de l'autre car, quoi qu'il en soit nous sommes tous voués à mourir. Je n'avais pas peur de la mort, son souffle ne m'effrayais pas et j'accepterai sans mal qu'elle m'étreigne avec passion lorsque le moment sera venu. Mais l'instant n'était pas venu. Tu n'étais qu'un loup, un dominant certes, mais qu'un loup et tu n'avais aucun pouvoir qui te permettait d'être maître de mon destin. Moi seul déciderais de ma vie ou de ma mort et je ne laisserais personne et certainement pas un être de ton espèce venir enclencher ma fin. Alors cherche petit loup, regard moi et trouve dans mes yeux de velours cette mince fenêtre qui te permettra de me détruire. Je ne te promets cependant pas un libre accès, car si tu es bouillant de vie et que tu laisses entrevoir ta force je suis en opposé à toi. D'un calme exemplaire, d'une tranquillité effroyable et le vide de mon regard et si profond que tu pourrais y tomber si jamais tu ne prêtais attention où tu m'étais tes pattes.

    Ton regard me quitte et je vois sans surprise que ton corps se met peu à peu en mouvement. Lentement tes pattes se déracinent et permettent à ton corps massif de se déplacer autour de moi. Je n'ai pas frémis, mes oreilles n'ont pas bougés et, seul mon regard continue de te suivre, suivant avec intérêt le mouvement de ton corps, analysant la courbe fine de tes muscles qui s'étirent sous ton pelage nuit. La nature retient son souffle, le monde semble avoir cessé de tourner et j'ai l'impression que le temps lui même a cessé sa course. L'instant que nous vivons est étrange, la nature semble observer nos réactions, unique témoin de notre bataille et je ne sais pourquoi je tente un instant de nous représenter tout deux. Un étalon et un loup, ennemi parfait s'opposant, projetant autour d'eux une aura de puissance incroyable, s'enfermant dans une bulle de violence afin d'empêcher à quiconque de pénétrer dans notre intimité. Car oui, notre rencontre était devenu intime et la haine qui doucement naissait en moi ne faisait que me rapprocher un peu plus de toi. Je ne me sentais plus étranger à la guerre qui unissait chevaux et loups, grâce à toi je faisais à présent partie du troupeau véritablement et goûtais à mon tour à cette colère et cette fois de vengeance vorace qui vous opposait et vous unissait à la fois.
    Ton regard quitta un instant le mien mais je ne cherchais pas à savoir ce que tu regardais. Je me concentrais sur toi et se fut comme si le monde autour de nous avait disparu. Je ne prêtais plus attention aux murmures des fantômes qui parfois venaient caresser mon ouïe, ni au vent glacial qui dansait dans mes crins, se jouait de mon corps et me chantait des mots sombres et machiavéliques.
    Voilà, tu avais quitté mon champs de vision et pourtant je ne bougeais toujours pas. Mes oreilles, un instant plus tôt immobile c'étaient néanmoins dirigées vers l'arrière et je sentais à présent ta présence derrière moi. N'avais-tu donc jamais apprit que ce tenir derrière un cheval était dangereux ? Certes tu aurais pu bondir mais un coup de sabot placé au bon moment t'aurais propulsé en arrière et je savais faire preuve d'une merveilleuse violence lorsque je le désirais. Néanmoins, j'allais encore te décevoir. Je n'agirais pas ainsi, j'attendis encore un instant puis, lorsque le sol cessa de trembler sous tes pas je me dressais brutalement sur mes postérieurs et pivotaient adroitement sur moi même. L'espace d'une seconde je me trouvais dressé face à toi. Je te fixais alors droit dans les yeux et mes oreilles se plaquèrent violemment en arrière à l'instant où mes sabots revinrent se poser sur le sol dans un bruit sec et puissant. Un souffle rauque sortit de mes naseaux dilatés et mon regard à présent habité d'une force inquiétante et dérangeante s'encra de nouveau dans le tien, se liant au feu de tes yeux sans peur et sans crainte. Me trouvais-tu toujours aussi fou mon tendre ennemi ?
    L'ombre d'un sourire naquit sur mes lèvres et pendant une seconde je laissais place à un Echos arrogant et fier. Image qui disparu bientôt tandis que je reprenais mon expression de cheval tranquille et figé. Se fut alors comme si rien ne c'était passé, comme si tu n'avais jamais bougé et je m'amusais presque de cela. C'est étrange mais j'avais l'impression d'évoluer dans un songe, un mauvais songe certes mais un songe tout de même. Rien ici ne paraissait réel et je me sentais curieusement léger malgré le risque que j'en courais. Plus rien n'avait alors d'importance et je me rendais compte que le détachement que j'avais parvenu à créer entre mon corps et mon esprit parviendrait sans doute à me sauver.

    «Je crains que nous soyons dans une impasse mon tendre ennemi...»

    Soufflais-je d'une vois douce, presque caressante et d'une sensualité incohérente qui ne se prêtait en rien à la scène qui se déroulait en cet instant. Je me savais décalé mais je prenais un plaisir fourbe presque sadique à me comporter ainsi. Je m'étais éloigné de moi même, de ma véritable personnalité pour survivre et si je contrôlais encore mon corps mon esprit lui s'échappait pour rendre mon comportement étrange et inexplicable me protégeant ainsi des attaques de mon ennemi.
    Redevenu silencieux, j'attendis la réaction du dominant demeurant néanmoins sur mes gardes sachant qu'il lui suffirait de bondir pour déclencher une véritable bataille.
    Paisible j'attendis et pas une seule seconde mon sourire tranquille et rassurant ne quitta mes lèvres...

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